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Ceux qui ont tué sont encore libres et à la commande du pays (Rapport Mapping)

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Crédit photo : blogs.mediapart.fr

Si la RDC continue à sombrer dans les grands ténèbres de l’insécurité, ce que le cycle des violences n’est toujours pas clos, c’est parce que tous ceux qui sont responsables des crimes et violations graves tels que définis dans le rapport Mapping ne sont jamais traduits en justice. Certains des auteurs des crimes sont également parmi ceux qui dirigent actuellement le pays. C’est ce que pense l’honorable Kakule SAASITA, député provincial élu de Lubero et Espoir Ngalukiye de la LUCHA, Invités dans l’émission « Tasse de paix » de ce  jeudi 15 Octobre 2020.

À qui profite la non-application de ces recommandations ?

Voilà la question que se pose Nelly LUMBULUMBU, coordonnatrice de l’ONG Sauti ya Mama Mukongomani, une organisation féminine engagée dans la lutte contre les formes de discriminations et violations des droits de la femme.

« Pourquoi est-ce que le rapport n’est toujours pas accepté au niveau international ? Pourquoi les actions ne se suivent pas ? Le fait que le rapport soit classé dans un tiroir, cela profite à qui ? Ce ne sont pas les congolais qui ont établi la définition de différents types des crimes. Notre souhait c’est que les recommandations issues de ce rapport soient appliquées : La création d’une chambre spécialisée en RDC, l’installation d’un tribunal international pour la RDC.

Nous savons que ce qui se passe dans la région, ce sont plus les Etats qui peuvent les résoudre. Pourquoi ça bloque ? Ça bloque pour l’intérêt de qui ?

Que les auteurs des crimes soient arrêtés et transférés devant les cours et tribunaux. Nous ne cesserons jamais de nous battre tant que cette situation ne changera pas. Les femmes de la RDC ont droit à vivre dans la paix. Nous voulons que justice soit faite. La justice pour les femmes de Beni, la justice pour les femmes du Nord-Kivu et la justice pour toutes les femmes en RDC… », a dit Nelly LUMBULUMBU.

Au sujet de la non-application des recommandations reprises dans le rapport, Kakule SAASITA pense :

« Une de raisons pour lesquelles les recommandations de ce rapport sont restées lettre morte, c’est que l’autorité régnante en RDC est impliquée d’une manière ou d’une autre dans ce fait. Et s’il faut créer un tribunal spécial pour ce fait, ce que cette autorité veut qu’on puisse la juger au point d’être condamné.

Ces animateurs des institutions actuellement qui ont contribué à ce que ces faits arrivent sernt-ils prêts à être jugés par le tribunal qu’ils auront eux-mêmes créé ?

Je ne crois pas !

Même si aujourd’hui les Saasita et les autres peuvent se démener pour mettre en applications les recommandations de ce rapport, aussi longtemps qu’on aura pas changé le système qui règne actuellement en RDC, on aura pas réussi à appliquer ces recommandations. Il faut donc le changement. »

L’honorable Kakule SAASITA poursuit :

« Quand nous parlons des groupes armés en RDC, on sous-entend les ADF, les FRDLR, les  Mai-Mai, qui ont des armes, l’AFDL, avait des armes, les banyamulenges étaient dotés d’armes ; l’APC, avait des armes.

Le rédacteur du rapport a établi les responsabilités. Lorsqu’il fait allusion au MLC, il a retracé ; quand il faut parler du gouvernement, il a retracé. Des  responsabilités des politiciens, il a retracé.

Les faits retracés sont des crimes contre l’humanité. Les auteurs ont été catégorisés pour chaque cas pour voir comment engager les responsabilités de tout un chacun dans ce fait là…

Lorsqu’on parle du RCD, il faut peut-être Azarias. Lorsqu’on parle du RCD/KML, il faut voir MBUSA ; lorsqu’on dit MLC, on voit Jean Pierre Bemba ; lorsqu’on dit RCD-N, c’est Roger LUMBALA.

Hier, ils étaient des officiers des rangs, et s’il y a eu des faits, leurs mains ne manqueront là-bas, car ils ont été soit aux opérations ».   

Laurent MUGIRANEZA pense de son coté, que l’hypocrisie de la communauté internationale a une grande part dans le calvaire qu’endure le congolais en ce sens qu’elle peine d’abord à reconnaitre les violations définies dans le rapport comme crimes de guerre et crimes contre l’humanité et ensuite à faciliter l’arrestation des incriminés.

« C’est un rapport vrai,  reconnait-il car il retrace les crimes commis en RDC. Malheureusement, ce rapport est limité aussi car après sa publication, les crimes ont continué parce que depuis 1993, il y a des crimes et jusqu’aujourd’hui, il y a des massacres à Beni, en Ituri.

Malheureusement, comme l’on note l’hypocrisie de la communauté internationale et les nations Unies qui appuient ces criminels. Nous voudrions que la justice fasse son travail parce que le Congo est victime de beaucoup de massacres qui continuent jusqu’à aujourd’hui.

Il y a des mouvements de mafia au niveau de Beni, de Rutshuru, de l’Ituri, de Masisi,… Tout ça, ce sont des crimes qui sont commis et les criminels doivent être punis pour que l’impunité cesse en RDC. »

Le mouvement citoyen Lutte pour le Changement LUCHA, recommande lui, que les annexes retraçant les noms des criminels et autres auteurs d’exactions soient publiées et que leur condamnation s’en suive.

Espoir Ngalukiye, militant de la LUCHA a dit :

« Nous avons demandé à toutes les autorités de notre pays et à la communauté internationale à travers l’ONU de rendre public les annexes du rapport Mapping retraçant les noms de ceux qui ont commis les crimes et violations des droits parce que ces personnes citées sont celles qui nous dirigent dans notre pays.

Elles sont celles qui ont le pouvoir militaire, économique.

Que le président de la république puisse s’impliquer pour que toutes les victimes obtiennent réparation. Qu’on puisse avoir un tribunal pénal international pour le Congo.

Amener toutes les autres institutions de notre pays à s’investir pour la création d’un fonds national pour les victimes de ces différents crimes et massacres commis dans notre pays depuis plusieurs années. Et nous pensons que c’est seule la lutte que nous menons, que nous allons mener, qui va nous amener à avoir gain de cause. »

Le rapport Mapping, est un document de plus ou moins 570 pages qui est le condensé de près de 617 évènements de crimes de guerre, crimes contre l’humanité et autres violations graves  des droits humains perpétrées à l’endroit de plusieurs milliers des congolais entre 1993 et 2003 par de groupes armés locaux et étrangers. 

Ce document a été élaboré par des experts des Nations-Unies à l’issue d’une enquête qui avait été diligentée au lendemain de la découverte en 2005 de 3 fosses communes au Nord-Kivu.

Sa publication n’est intervenue qu’en octobre 2010. En octobre 2020, 10 ans plus tard, rien n’est fait ni en termes d’indemniser les victimes, encore moins en termes de condamnation des auteurs, de quoi s’inquiéter mille et un congolais.

John TSONGO TAVUGHA

2 Commentaires

  1. Après plus de deux décennies de souffrance, les enfant de l’Est de la RDC seraient soulagé par la poursuite des meneurs de ces crimes…

    Fini la récréation.ce rapport maping est à soutenir.

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